L'entretien de l'aquarium n'a pas de règle stricte car il dépend
du type de bac, du type de filtration, de la taille de l'aquarium, de la
densité de poissons etc ...
La valeur
de base serait de changer environ 40% du volume net par mois, et ceci, étalé
en plusieurs fois. Pour les bacs spécifiques sans poissons comme les bacs
hollandais, on peut envisager un changement d'eau bien inférieur.
Afin d'éviter
de faire subir à nos habitants un choc osmotique ou thermique, le mieux
est de changer ces 40% en deux, trois ou même quatre fois dans le mois,
(10% par semaine serait l'idéal) à savoir que 40% en une seule fois
serait bien trop et dans le pire des cas pourrait entraîner une montée
de nitrites. L'eau changée doit avoir les caractéristiques le plus
proche possible des caractéristiques de l'eau de votre bac et avec un
faible taux de nitrates (Car ce taux ne fera que monter, chose inévitable).
Si votre eau de conduite a un taux de NO3 trop élevé ou si vous désirez
avoir une eau plus douce (Pour les Discus ou espèces provenant des forets
amazoniennes par exemple ou aussi pour certaines reproductions), vous
pouvez utiliser un osmoseur afin d'obtenir une eau neutre et sans sels minéraux
ni nitrates, par contre, ne faites jamais 100% du changement d'eau avec
cette eau, car vu les caractéristiques qu’elle possède, avec un Kh nul
le PH ne pourrait pas être stable et avoir de grandes et rapides
variations. Coupez-la à raison de 20 à 50% avec de l'eau de conduite
suivant vos besoins de paramètres à obtenir. Il est quand même
important de garder un kh de 3 au minimum.
Changements d'eau :
Au
fil des jours, l’aquarium étant un milieu fermé, se charge en nitrates
du fait de l’élimination des déchets organiques via le cycle de
l’azote, nous savons qu’une grande concentration en nitrates est néfaste
pour tout être vivant.
Le changement d’eau consiste à changer l'eau manuellement par siphonage.
Pour cette méthode, il est souvent recommandé en amont de faire décanter
la nouvelle eau une douzaine d'heures afin que le chlore qui se trouve
dans notre eau de conduite se soit totalement évaporé, cette phase n'est
pas impérative, pour l'éviter, il existe dans le commerce
des produits de conditionnement plus ou moins efficaces. Si votre eau de
conduite n’a aucune odeur de chlore, vous pouvez l'ajouter directement,
un point important est tout de même de vérifier que l’eau que vous
allez ajouter ne soit pas plus chargée en nitrates que l’eau de votre
aquarium et dans tous les cas, elle doit avoir la même température que
l’eau de votre bac.
Pour le
siphonage, la solution la plus simple se fera toujours dans le procédé
des vases communiquant à l'aide d'un tuyau entre l'aquarium et un seau.
L'eau retirée n'a pas de points précis pour être aspirée, aussi bien
en pleine eau, à la sortie d'une pompe de filtre, dans le filtre lui-même
...Un très bon moyen est de le faire avec une "cloche", l'eau
retirée sera prise dans le gravier, cette solution a plusieurs avantages,
elle permet de nettoyer le sable, de l'aérer, d'ôter les restes de
feuilles mortes, de nourriture, enfin et surtout, elle aspire beaucoup de
déchets cachés en phase de décomposition qui seraient susceptibles de
se transformer en nitrates voir même en nitrites s’ils sont trop
importants. Elle a aussi l'avantage de pouvoir remuer le sol sans soulever
un nuage de poussière, ce qui pourrait être gênant pour certains petits
poissons. Par contre, cette solution ne sera pas compatible pour les bacs
très plantés (style bacs hollandais) ou si vous avez une couche de
terreau sous le gravier.
Nettoyage des masses filtrantes :
Ce
nettoyage doit impérativement se faire en deux étapes, vous ne devez
jamais rincer toutes les masses filtrantes en une seule fois, ce qui
pourrait provoquer une montée de nitrites par la suite, (Le filtre est le
poumon de l'aquarium et ce sont très majoritairement les bactéries qu'il
héberge qui purifient l'eau en transformant les matières azotées en
produit non toxique comme les nitrates (enfin, non toxique s’ils ne sont
pas à des taux trop élevés), donc, en nettoyant le filtre, on élimine
tous les déchets mais aussi ces bactéries si utiles, c'est pourquoi il
est important d'en laisser une partie qui ne sera pas rincée.
Comme le
nettoyage du filtre doit être effectué une fois par mois (voir 2 fois si
le bac est fortement peuplé), vous nettoierez seulement une moitié de ce
filtre, l’autre moitié sera à son tour nettoyée lors de l’entretien
suivant, souvenez-vous en, c’est un détail très important. Pour laver
la masse filtrante, il suffit de la rincer à l'eau claire et l'essorer
jusqu'à ce que l'eau en sorte propre (sans détergeant bien évidement).
Ne la faites pas bouillir, rincez-là à la température de l'eau de votre
bac pour éviter de mettre en danger les bactéries restantes dans la
deuxième partie du filtre. (Ce qui pourrait arriver si vous mettez une
mousse sortie de l'eau bouillante dans le filtre sur l'autre mousse
pleinement colonisée, elles subiraient un choc thermique qui pourrait
leur être fatal).
Si vous
utilisez de la ouate de perlon en pré-filtration, lavez-la bien avant de
la mettre et étirez-là au maximum, sinon, elle se compact trop et
ralentit le débit du filtre, si le perlon ou la ouate venait à trop se
compacter par tassement ou par accumulation de déchet, elle pourrait
aller jusqu’à stopper le débit du filtre, le résultat pourrait avoir
de graves conséquences car à ce moment là, du souffre H2S très toxique
se formerait. Cette ouate ou perlon sera changée à chaque fois que vous
nettoierez le filtre.
Entretien divers :
Lors de ces changements d'eau, vous en profiterez pour nettoyer
manuellement toutes les parties sales ou envahies par les algues (Vitres,
chauffage, tuyaux...). Enlevez les feuilles mortes, taillez les plantes,
changez le bulleur ainsi que le filtre de la pompe à air si besoin. Contrôlez
que le contacteur du thermoplongeur ne soit pas collé (ce qui arrive de
temps en temps) ainsi que l'état de tous vos appareils électriques. Tous
doivent être en excellent état et TOUS doivent absolument être débranchés
avant de mettre les mains dans l'eau.
Sur le moindre défaut d’un appareil qui fonctionne à l’électricité
(pompe à eau, chauffage, etc…), cet appareil devient hors d’usage,
vous devez impérativement le changer et le jeter. Ne vous en servez plus
de tout, même pas le temps d’en avoir un nouveau, un accident est trop
vite arrivé car chacun sait que l’eau et électricité ne font pas bon
ménage.
Les
tubes néons T8, T5 ou aussi les HQI-HQL perdent leurs efficacités passé
dix à douze mois, même s’ils vous semblent encore très bien éclairer,
leur spectre lumineux ne correspond plus aux besoins de vos plantes, il
faut alors les changer et là aussi, comme le filtre, ne changez pas
l’ensemble de l’éclairage en une seule fois, si vous avez 2 tubes néons,
changez-en un et le second le mois suivant car un brusque changement d’éclairage
provoque souvent un développement des algues.
L’ensemble de votre aquarium, donc tout l’écosystème, adapte
ses besoins en fonction de ce qu’il possède et tous changements le
perturbe, cette perturbation se solde en général par le développement
d’algues. Donc, très souvent, je dirai dans la plus grande majorité
des cas, une prolifération d’algues vient d’un changement dans votre
bac (c’est parfois juste un petit changement qui pourtant vous paraît bénin).
Les tests :
En ce qui concerne les tests à effectuer, là aussi et plus
qu’ailleurs, c’est suivant le biotope de votre bac, chaque biotope à
des besoins particuliers et qui ont souvent plus d’importances que dans
d’autres biotopes.
Pour
en savoir plus sur les paramètres d’eau cliquez
ici.
En résumé, les plus importants :
Le plus important étant les nitrites (NO2), quelque soit votre
bac, ils doivent rester à zéro, un bac normalement équilibré et bien
entretenu ne présente jamais de pic de nitrites (or celui du démarrage
bien sur). On ne peut pas dire ou préconiser qu’il faut tester ce paramètre
tous les 3 jours ou 10 jours ou autre, l’age de votre bac et votre expérience
seront les seuls à estimer la fréquence, au lancement du bac, on
commence à tester les NO2 après 1 semaine de mise en route et on fait ce
test tous les 2 jours pour veiller la montée de nitrites incontournable
du lancement du cycle de l’azote, une fois ce pic de NO2 passé, on
surveille tous les 4 ou 5 jours pendant 1 ou 2 mois, puis ensuite toutes
les semaines puis tous les 15 jours, puis quand vous aurez la main
aquariophile, ce sera 1 fois par mois ou même moins, et bien plus tard
(au fil des années), vous saurez vous même s’il se passe quelque chose
d’anormal dans le bac suivant le comportement des poissons, la couleur
de l’eau, les algues etc... Dans tous les cas, on test ce paramètre
rapidement au moindre détail anormal dans le bac.
Les nitrites se transforment en nitrates (NO3), cette
transformation se fait via les bactéries aérobies dans vos masses
filtrantes en majeure partie, elle se fait avant même que le taux de
nitrites soit décelable avec vos tests. En phase finale de cette
transformation, ce sont les nitrates qui vont s’accumuler (plantes et
algues s’en nourrissent, mais la hausse et plus rapide que la
consommation). Seuls les changements d’eau feront réellement baisser ce
taux. Contrôlez ce taux une fois par semaine au départ puis tous les 15
jours suffisent par la suite. Vous pouvez aussi changer le volume d’eau
en fonction des résultats de ce test. Attention à certains tests qui
vous donnent toujours zéro, un bac en eau douce peuplé de poissons à
toujours des NO3.
Le PH est
aussi un paramètre important, ce n’est pas vraiment sa valeur qui est
le plus gênant, mais ce sont ses variations, plusieurs éléments entrent
en compte dans ces variations, densité de poissons, de plante,
utilisation d’un système CO2, valeur du Kh etc… Le plus souvent,
c’est pas le Ph en lui-même qui pose problème, c’est plutôt nous-même
qui déséquilibrons le bac en voulant essayer de le forcer à avoir une
valeur voulue.
Le Ph est important à connaître, mais prenez garde avant de vouloir le
modifier, par exemple, si vous avez une valeur de 6,8 et vous avez lus que
vos poissons demandent un Ph de 6, sauf dans des cas précis pour de la
reproduction ou pour certaines espèces, ne vous entêtez pas trop à
vouloir le modifier absolument.
Le Gh, ce paramètre à son importance suivant les espèces que
vous maintenez ou pour leur reproductions, pour que l’eau ait un bon équilibre,
sa valeur doit être d’environ 60 à 80% de plus que la valeur du Kh (le
Kh est en fait une partie du Gh). C’est principalement en mélangeant
votre eau avec de l’eau osmosée que vous obtiendrez la valeur désirée,
c’est le pourcentage du mélange eau du robinet/eau osmosée qui fera
monter ou descendre votre taux.
Le Kh est important car c’est un peu lui qui régule le Ph et le
stabilise (on appel cela le pouvoir tampon), plus le Kh sera haut et plus
votre Ph sera stable, Parallèlement, plus le dosage Gh/Kh sera équilibré
(comme je disais ci-dessus) et plus votre Ph sera stable, et ce, même à
des valeurs relativement basses.
Ensuite, suivant vos besoins, d’autres paramètres pourront avoir
leur importances. Les tests de Fer et CO2 sont importants pour avoir de
belles plantes dans votre bac, ou alors O2 devient important si votre bac
est surpeuplé.
Contrôle journalier :
Chaque jour (lors de la distribution de nourriture par exemple),
vous devez contrôler la température, l’état de santé de vos
poissons, leur nombre (suivant sa taille, un poisson mort entre deux
pierres peut provoquer une hausse de composés azotés), contrôlez aussi
le bon fonctionnement de tous vos appareils, c’est à dire les filtres
(qu’ils ne soient pas colmatés), les pompes à eau, l’éclairage…
les plantes ou feuilles mortes doivent être retirées, vérifiez le
niveau d’eau. Nettoyez les vitres dès que des algues apparaissent,
l’aquarium et son écosystème fonctionne le mieux lorsque l’entretien
est permanent (pas de simple nettoyage de printemps).
Une fois
par an, il est recommandé de démonter les pompes à eau afin de contrôler
et nettoyer les rotors.
|