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Établi par "Anthony" dit
"saumâtre"
Biotope
saumâtre
1)
Les régions :
Les
eaux saumâtres se situent principalement dans les estuaires, les lagunes,
les ports et les mangroves majoritairement en Afrique, en Asie et en
Australasie.
Asie
: côtes Est et Sud, Inde, Myanmar (Birmanie), embouchure du Gange et de
ses affluents, Inde, Sri Lanka, Bangladesh, Malaisie, Singapour, Thaïlande,
Japon, Archipel du Ryükyü, Sarawak, Russie, lac Baïkal, divers fleuves
comme l'Amour, le Fleuve jaune...
Afrique
: côtes sud-est et Est, cours inférieurs de la RDC (ex-Zaïre)
(Stanley), cours inférieurs et internes du Congo, Sénégal, Gambie,
Nigeria, Tchad, Le Nil, Angola, Namibie, Mozambique.
Australasie
: sud-est de Queensland, Nouvelle-Guinée. Australie, Bornéo.
Quelques
régions d'Amérique recèlent des poissons d'eau saumâtre : Pérou,
Bolivie, Brésil, Virginie, Texas, Costa Rica.
Ainsi que l'Europe : mer Noire, mer Caspienne,
mer d'Azov. Ainsi que l'Europe : mer Noire, mer Caspienne, mer d'Azov.
2)
Les biotopes :
La
mangrove :
Lieu
où vivent des poissons tels que les périophtalmes, les poissons-archers,
certains melanotaenia, les monodactylus, les syngnathes, et les dormeurs.
Les
palétuviers poussent dans ces milieux et encombrent de leurs branches les
fleuves alentours. Les poissons s'y réfugient et y pondent leurs œufs,
étant un endroit exigu où les prédateurs naturels ont difficilement accès.
La
putréfaction des organismes végétaux et la stagnation de l'eau rendent
la mangrove "saumâtre" (dans le sens trouble). Comme dans tous
les milieux saumâtres, la salinité de la mangrove fluctue selon le flux
et reflux du courant des fleuves. La mangrove est le seul endroit à posséder
des plantes euryhalines : les palétuviers. Densité : 1005-1015.
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http://www.mangrovemania.com/mangroves.html
Les estuaires :
Embouchure
d'un fleuve par flux ascendant (ce qui empêche le dépôt d'alluvions) où
tous les poissons d'eau saumâtre (hormis quelques très rares
exceptions), peuvent vivre.

http://lavilaine.com/estuaire/estuaire.htm
L'estuaire est à la base une embouchure qui, à force de flux et reflux
du courant marin, s'évase et s'élargit. Densité : 1005-1020.
Les
lagunes :
Étendues
d'eau salée retenues par un cordon du littoral. Endroit dans lequel
habitent des gobies, des athérines, des dormeurs, des perches de verre,
des monodactyles, des poissons-archers, des syngnathes, et des
cyprinodontidae.
http://www.nautica.it/charter/polines2.htm
Peut-être presque douce, salée ou sur-salée selon le bassin-versant. La
lagune se forme par formation de terre ou de sable autour d'un bras de
mer. Celui-ci encastré entre deux parties immergées, il subit les aléas
du courant (fleuve, mer). Densité : 1001-1040.
Les
ports :
Endroit
plutôt incongru pour y trouver des poissons d'eau saumâtre (pour autant
qu'ils ne se fassent pas broyer dans les hélices d'un bateau).
La
salinité doit être inférieure à celle de l'eau de mer pour que des
poissons d'eau saumâtre puissent y vivre, donc ça n'inclut pas tous les
ports.
http://www.dhi.dk/AreasOfInterest/ports.htm
Pas besoin de vous expliquer comment un port se forme, si ce n'est
par la main de l'homme. Seuls les périophtalmes, les athérines, les
sygnathes, les monodactyles, les Melanotaenidés, les Batrachoidae et les
scatophagus y vivent. Densité : variable.
3)
L'aquarium d'eau saumâtre :
On
trouve donc des eaux saumâtres partout où l’eau mer se mêle à de
l’eau douce, c’est à dire dans les lagunes et les estuaires où la
mer à marée haute pénètre dans les terres. En aquarium pas question de
manipuler de la vase mais un sable assez fin donnera un résultat
convaincant. Les espèces qui vivent dans ces biotopes ont des capacités
d’adaptation incroyables (= poissons euryhalins): ceux qui vivent à
l’embouchure des fleuves comme les Monodactylidés ou les Scatophagidés
peuvent passer en quelques heures de l’eau douce à l’eau de mer sans
aucun problème (à l’âge adulte). Les autres peuvent tolérer des
variations de salinité à condition que ces dernières soient
progressives.
En
fait il n’y en a pas un seul mais plusieurs. Tout dépend de la
population souhaitée et de la salinité de l’eau, ces deux facteurs
conditionnant l’aspect que pourra avoir le bac. Un aquarium saumâtre
est souvent spécifique à l’extrême dans le sens où certains poissons
pourront rester toute leur vie dans une eau à la salinité peu importante
alors que d’autres nécessiteront, en grandissant, l’utilisation
d’une eau de plus en plus salée (voir d’eau de mer). La plupart des
poissons concernés atteignent des tailles conséquentes et ont besoin
d’espace (minimum 200l) c’est le cas du Monodactylus Argenteus
(Poisson lune argenté), du Scatophagus argus ou du Toxotes Jaculatrix
(poisson-archer) qui une fois adultes peuvent vivre en eau de mer.
L’aquarium des premiers pourra être doté d'un décor marin constitué
de roches calcaires, de sable de corail et devra être équipé d’une
filtration puissante car ces poissons sont de gros pollueurs ; celui du
second pourra imiter le biotope d’une mangrove (l’idéal étant un
paludarium) : grandes racines de palétuviers et accessoirement des
plantes aquatiques aériennes ou palustres. Certaines personnes prennent
en compte ces paramètres et mettent en place un bac évolutif ou la
salinité augmente peu à peu avec la croissance des poissons. Après
plusieurs années l’utilisation d’un écumeur devient presque nécessaire
et l’introduction d’organismes marins est éventuelle. Ce type
d’aquarium est passionnant et correspond à la réalité des besoins de
certains poissons mais la plupart des aquariophiles ne conçoivent l’eau
saumâtre que comme un petit laboratoire et l’expérience est souvent
avortée prématurément. Pour obtenir de l'eau saumâtre en aquarium, on
peut utiliser du sel synthétique dilué dans de l'eau à température
ambiante.
4)
Les espèces :
La
plupart de ces poissons appartiennent au sous-ordre des Percoïdeï, qui
rassemble un nombre impressionnant de genres et d'espèces mondiales.
Quoique
dispersés à travers tous les pays tropicaux, ces poissons ont un biotope
commun : ce sont les eaux saumâtres soumises au flux et reflux des
marées et aux apports constant en eau douce.
Du
point de vue physiologique, ces poissons appartiennent en quasi-totalité
soit à des espèces dulçaquicoles, soit à des espèces d'eau de mer.
Par ailleurs, ils ne séjournent pas tous en permanence dans les eaux saumâtres
et ils ont la faculté à s'adapter à un milieu différent de celui dont
ils sont originaires.
Parmi
les espèces les plus connues on retrouve les Scatophagidae (Scatophagus
argus, rubrifons, selenotoca multifasciata...)
http://www.badmanstropicalfish.com/profiles/profile56.html
Les gobies, les tétraodons, les périophtalmes, les Melanotaenidae, les
Toxotidae, les Eleotridae et les Centropomidae (pour les moins connues, il
y a les Cichlidae, les Atherinidae, les Cyprinodontidae, les poecillidae,
les Syngnathidae, les Hemiramphidae, les Lobotidae, les Mastacembelidae et
d'autres espèces dont la citation serait fastidieuse)
http://www.broad.mit.edu/annotation/tetraodon/background.html
http://gobiidae.com/goby_genus_page_new.htm
http://www.jonahsaquarium.com/pictoxotesjacu.htm
Nous constaterons 5 types différents de poissons en ce qui concerne la
capacité à s'adapter à la salure :
Euryhalin (1),
oligohalin (2), sténohalin (3), mésohalin (4), polyhalin (5) :
-animaux
:
-
capables de tolérer des changements de salure (1)
- ne
tolérant pas la salure (2)
-
incapables de tolérer des changements de salure (3)
-
vivant dans un taux de salure intermédiaire (4)
-capables de vivre dans tout taux de salure (5)
-eaux
-
contenant de 0.5 à 5 g/l de sel (2)
-
contenant de 5 à 16 g/l de sel (4)
-
contenant de 16 à 40 g/l de sel (5)
5)
Les plantes :
En
ce qui concerne la végétation qui pourra prendre place dans ces
aquariums, le problème est plus ardu car il n'y pas de plantes réellement
euryhalines (hormis les palétuviers). En fait, seules quelques plantes
d'eau douce ou d'algues marines tolèrent de légères modifications
physico-chimiques de l'eau. Certaines plantes d'eau douce, comme par
exemple Cryptocorine ciliata, Adenomesa triflorum, etc..., tolèrent une
salinité de 3 à 5 pour mille ; d'autres comme Potamogeton pectinatus, P.
crispus, P natans, Myriophyllum spicatum, etc...acceptent une salinité de
10 à 20 p. mille ; enfin quelques algues marines comme Enteremorpa
intestinalis, Ulva lactuta, clardophora rupestris, Valonia sp., etc.
demanderont une salinité minimale de 25 p. mille.
6)
La technique :
L’aquarium,
au début, n’est pas différent d’un aquarium d’eau douce même si
une filtration efficace doit être mise en place pour les gros pollueurs
et pour les autres aussi car les poissons d’eau saumâtre ont un métabolisme
très actif. Quand la salinité de l’eau commence à être élevée, il
est judicieux d’ajouter un système d’aération, mais l’utilisation
d’un écumeur n’est possible que dans des aquariums où l’eau est
proche de l’eau de mer car l’écume se forme mal en eau saumâtre. La
cuve nue est en ver collé et les vieux aquariums à charnières métalliques
sont à proscrire, car trop sensibles à la corrosion.
L’éclairage
: le mélange classique "piscicole" et lumière horticole
s’applique pour les bacs ayant un minimum de végétation ; cette lumière
dite équilibrée convient aux plantes et aux poissons (ex : Sylvania
aquastar+grolux ou Osram 11 + Hagen Aquaglo). Pour les aqua-terrariums ou
les paludariums imitant la mangrove, il est intéressant d’employer une
lumière un peu plus chaude comme les lumières style aquastar à haute définition
qui peuvent renforcer le côté ambré de l’eau et ainsi lui donner un
aspect "saumâtre". Dans les aquariums à la salinité
importante où une ambiance marine est recherchée, l’utilisation
d’une lumière froide (blanc bleuté) donne de bons résultats. Ne pas
oublier de nettoyer les dépôts de sel sur les tubes et les réflecteurs.
Paramètres
: La salinité (ou salure) sera comprise entre 5 et 30 p. mille. Quant au
PH de l'eau, il pourra fluctuer entre 7.8 et 8.4. On pourra également
modifier ces deux facteurs à chaque changement d'eau.
En
conclusion
L'aquarium
d'eau saumâtre demande beaucoup de pratique et de connaissance. Ce genre
de maintenance s'adresse à de bons aquariophiles. Malheureusement, l'eau
saumâtre n'est pas connue du grand public et ne connaît pas un
engouement extraordinaire de la part des aquariophiles. Elle reste une
chose mystérieuse, très peu connue et peu pratiquée
Saumâtre
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